Le matériau compte souvent plus que l’imprimante.
Lorsqu’on parle d’impression 3D, l’attention se porte souvent sur les performances des machines : vitesse, précision, résolution ou encore technologie d’impression.
Pourtant, dans le développement d’un dispositif médical, le facteur déterminant est bien souvent le matériau.
À procédé identique et avec la même imprimante, le choix du matériau peut modifier profondément les performances, la durabilité et l’adéquation du dispositif à son usage clinique.
Choisir un matériau ne consiste donc pas simplement à sélectionner un polymère : il s’agit de construire les bases du futur dispositif médical.
Partir de l’application clinique
Le choix du matériau dépend avant tout de l’utilisation finale du dispositif.
Le dispositif sera-t-il implantable ou non ? Entrera-t-il en contact avec le corps humain ? Pour quelle durée ? Devra-t-il être stérilisé ? Quelles contraintes mécaniques devra-t-il supporter ?
Ces éléments orientent les propriétés attendues du matériau.
Évaluer les propriétés mécaniques
Chaque application possède ses propres exigences.
Selon le dispositif, le matériau devra offrir :
- de la rigidité ou de la flexibilité ;
- une résistance aux chocs ;
- une bonne tenue à la fatigue ;
- une stabilité dimensionnelle ;
- une résistance à l’usure.
Ces performances doivent être maintenues tout au long du cycle de vie du dispositif.
Prendre en compte le comportement thermique
Tous les matériaux ne réagissent pas de la même manière lors de l’impression 3D.
Leur comportement thermique influence directement la qualité d’impression, la répétabilité du procédé, les déformations éventuelles et la stabilité des pièces produites.
Le matériau doit donc être compatible avec le procédé de fabrication retenu.
Vérifier la compatibilité avec la stérilisation
De nombreux dispositifs médicaux doivent être stérilisés avant utilisation.
Vapeur, oxyde d’éthylène, rayonnements gamma… chaque méthode peut avoir un impact sur les propriétés du matériau.
Le choix doit garantir que le dispositif conservera ses performances après stérilisation.
Ne pas négliger la biocompatibilité
Pour les dispositifs destinés à être en contact avec le corps humain, la biocompatibilité constitue un critère essentiel.
Le matériau doit être adapté à son usage prévu et compatible avec les exigences réglementaires applicables.
Cette réflexion doit intervenir dès les premières phases du développement.
Le développement matériau, un levier d’innovation
Les matériaux disponibles sur le marché ne répondent pas toujours parfaitement aux besoins d’un projet.
Le développement de formulations spécifiques ou l’extrusion de filaments sur mesure permet alors d’obtenir des performances adaptées à une application donnée.